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Les 5es Assises de l'eau en Wallonie : Synthèse de la table ronde-débat

Monsieur Alain GILLIS (Directeur Général, Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant Wallon) s'interroge sur l'affectation de la prise en charge des frais d'entretien des réseaux d'égouttage.

-    Monsieur Michel CORNELIS (Vice-Président du Comité de Direction, Société publique de Gestion de l'Eau) précise que du point de vue de l'égouttage, différentes priorités existent dont l'obligation de raccordement à l'égout en vue d'assurer le bon fonctionnement de la station d'épuration.

Il ajoute que l'entretien des égouts n'est pas repris dans le Plan financier de la SPGE (Société publique de Gestion de l'Eau).

La SPGE (Société publique de Gestion de l'Eau), l'UVCW (Union des Villes et Communes de Wallonie) et les sept organismes d'assainissement agréés sont en cours de réflexion sur cette question, compte tenu du fait que les nouveaux égouts nécessiteront beaucoup moins d'entretien que les anciens.

Monsieur Michel CORNELIS (Vice-Président du Comité de Direction, Société publique de Gestion de l'Eau) rappelle également que la Loi communale précise que le Bourgmestre est responsable de la salubrité publique et donc, de l'entretien du réseau d'égouttage.

-    Monsieur Bernard ANTOINE (Directeur Général Adjoint, Association Intercommunale pour la protection et la Valorisation de l'Environnement) explique qu'il est, en tant qu'organisme d'assainissement agréé, préoccupé par cette question de l'entretien des égouts qui constitue le maillon faible du cycle de l'eau.

Le financement, selon lui, devrait être réparti entre les bénéficiaires des raccordements et le prix de l'eau (CVD : Coût Vérité Distribution – CVA : Coût Vérité Assainissement).

-    Monsieur Eric VAN SEVENANT (Président du Comité de Direction, La Société wallonne des eaux) précise qu'une étude réalisée il y a une dizaine d'années, avait conclu que le coût annuel d'entretien des égouts s'élevait à 0,30 centimes d'euro par m³.

-    Monsieur Arnaud RANSY (Conseiller à la Cellule Environnement, Union des Villes et Communes de Wallonie) attire l'attention sur la multiplication des coûts en matière d'aménagement du territoire pour les Communes.

      Il ajoute que des pistes de répercussions possibles sont l'imputation sur le CVA (Coût Vérité Assainissement) et, via le règlement communal, sur l'entretien des égouts.

-    Monsieur Jean-Marie TRICOT (Coordinateur, Contrat de rivière Dyle-Gette) met également en évidence que le défaut du système est le faible taux de raccordement aux égouts et la méconnaissance de celui-ci. Il ajoute que, pour certaines Communes, ce taux est inférieur à 50 %.

-    Monsieur Paul DEWIL (Directeur, Service Public de Wallonie -  Direction Générale Opérationnelle 2 : Mobilité et Voies hydrauliques) explique que le Groupe Transversal « Inondations » a conclu que, dans les zones rurales, il faut éviter la systématisation du raccordement des eaux pluviales aux égouts existants, ce qui permet une réduction des frais de dimensionnement des installations.


Monsieur Francis DELLOYE (Attaché - Département de l'Environnement et de l'Eau - Direction des Eaux souterraines) s'interroge sur ce que l'on entend par « taux de sécurisation de l'ordre de 30 % dans le schéma directeur des ressources en eau ».

Il pose une deuxième question par rapport aux prises d'eau de moins de 100.000 m³/an qui sont considérées comme non viables (par le fait qu'il se demande pourquoi aboutir à une telle conclusion), alors que des solutions pour assurer la sécurisation de l'approvisionnement existent (cf. stand Compagnie Intercommunale Liégeoise des Eaux).

-    Monsieur Eric VAN SEVENANT (Président du Comité de Direction, La Société wallonne des eaux) rappelle qu'une forte dispersion des outils de production a un impact sur le prix et la qualité. Il ajoute que l'optimalisation des outils vise la sécurisation à un coût raisonnable. Néanmoins, dans une vision macro-économique, des possibilités de dérogations seront possibles pour le maintien de petites prises d'eau, si besoin en est. Il précise que la référence est les Water Safety Plans (WSP).

      Monsieur Eric VAN SEVENANT (Président du Comité de Direction, La Société wallonne des eaux) ajoute, qu'en termes de sécurisation (et face à des situations de crise, des conditions climatiques défavorables, ...), il est prévu un taux de réserve de 30 % du volume injecté dans le réseau.


Monsieur Benoît TRICOT (Inspecteur général - Département de l'Environnement et de l'Eau -  Direction des Eaux de surface), souligne à regret l'absence de représentant de la DGO4 (Direction générale opérationnelle 4 : Aménagement du Territoire, Logement, Patrimoine, Energie) à la table-ronde. Il interroge chaque participant pour que ceux-ci fassent état de leurs requêtes éventuelles à la DGO4 (Direction générale opérationnelle 4 : Aménagement du Territoire, Logement, Patrimoine, Energie).

-    Monsieur Eric VAN SEVENANT (Président du Comité de Direction, La Société wallonne des eaux) met en évidence que, comme gestionnaire d'infrastructures qui ont entre 30 à 100 ans d'existence, il souhaite disposer de directives claires et précises pour garantir la continuité des installations aux meilleurs coûts.

-    Monsieur Michel CORNELIS (Vice-Président du Comité de Direction, Société publique de Gestion de l'Eau) souhaite que soit mise en place une plus grande concertation avec la SPGE et notamment par rapport aux PASH en vue, lors de mutations immobilières, qu'une information sur l'état de la situation en matière d'assainissement de l'habitation, soit réalisée.

-    Monsieur Bernard ANTOINE (Directeur Général Adjoint, Association Intercommunale pour la protection et la Valorisation de l'Environnement) souhaite que l'aménagement du territoire prenne en compte la gestion des eaux le plus en amont possible d'un projet ; de même, il voudrait que l'approche de l'aménagement du territoire intègre dorénavant la gestion des eaux pluviales (abandon du dogme de l'infiltration des eaux).

-    Monsieur Arnaud RANSY (Conseiller à la Cellule Environnement, Union des Villes et Communes de Wallonie) plaide pour une augmentation des aides aux Communes, tenant compte du fait que celles-ci sont parfois confrontées à des arbitrages dont elles n'ont pas la maîtrise (par exemple, il faudrait un document de référence qui permettrait aux Communes de s'en inspirer pour la maîtrise de l'urbanisation dans la zone d'aléas d'inondations).

Il ajoute qu'il faudrait également doter les Communes de moyens opérationnels pour maîtriser certains aspects de l'aménagement du territoire. Il précise également que si l'aménagement du territoire intègre l'aspect de la gestion des eaux, cela impliquera des coûts financiers importants.

-    Monsieur Jean-Marie TRICOT (Coordinateur, Contrat de rivière Dyle-Gette) rappelle que pour les Contrats de rivière, la protection des éco-systèmes naturels pour les zones humides est un objectif prioritaire. Il s'interroge quant à la possibilité de prévoir un statut juridique assurant une protection à ces zones. Il ajoute que le statut de zone naturelle est sous-utilisé.

L'idéal pour lui serait que les citoyens développent une prise de conscience au niveau de l'espace de liberté que représente le cours d'eau.

-    Monsieur Paul DEWIL (Directeur, Service Public de Wallonie -  Direction Générale Opérationnelle 2 : Mobilité et Voies hydrauliques) explique que le Groupe Transversal « Inondations » souhaiterait que soient rendues obligatoires des contraintes en matière de constructions reprises dans les cartes d'aléas d'inondations. Il rappelle que les outils existent au sein du CWATUPE, mais ne sont pas obligatoires.

Madame Isabelle DELGOFFE (Attachée de projet, Contrat de rivière Dyle-Gette) souhaite que l'on n'occulte pas l'assainissement durable et la filière des toilettes sèches.


Monsieur Olivier CHAPUT (Responsable de projet, Exposantd) insiste également sur la filière d'assainissement durable et les toilettes sèches.

Il propose, dans la gestion des eaux pluviales de prévoir une infiltration des eaux grises sur la parcelle et un traitement des eaux noires en station d'épuration ou en centre de compostage, ce qui permettra un retour des matières organiques sur le sol.

Monsieur Bernard ANTOINE (Directeur Général Adjoint, Association Intercommunale pour la protection et la Valorisation de l'Environnement) met en évidence en situation réelle la difficulté de séparation des deux types d'eau et le fait que l'utilisation de toilettes sèches constitue un choix de vie pour le citoyen.

Monsieur Patrick BAUTHIER (Commission Consultative de l'Aménagement du Territoire et de la Mobilité, Administration communale de FLORENNES) rappelle l'existence de ressources disponibles non exploitées et se pose la question de savoir qui supporte, dans le cas d'eaux d'exhaure, le coût de l'eau potable rejetée dans la nature.

-    Monsieur Eric VAN SEVENANT (Président du Comité de Direction, La Société wallonne des eaux) rappelle l'existence d'une Charte de concertation entre AQUAWAL et le secteur carrier qui implique notamment une concertation le plus en amont possible d'un projet entre les deux secteurs. Télécharger la Charte de concertation

En termes de coût, il précise que s'il y a exploitation d'eaux d'exhaure, la charge financière est assurée par le secteur carrier.

5es Assises de l eau (3)

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