|

La consommation d'eau

Le wallon est un faible consommateur d'eau

La consommation totale d'eau de distribution, toutes activités confondues (agriculture, industries, ménages), rapportée au nombre d'habitants en Wallonie, est de 122,9 litres par jour et par habitant en 2012. De ce fait, la Wallonie se place dans le peloton de tête des régions les plus faibles consommatrices d'eau de toute l'Europe. A titre de comparaison, la consommation totale d'eau en Europe rapportée à sa population induit une consommation moyenne de 200 litres par jour et par habitant (Eureau 2008). La Wallonie est très largement en dessous de ce niveau.

Une enquête de 2009 a montré que la consommation par les ménages pour leurs seuls usages domestiques était estimée à 93,6 litres par jour et par habitant. Par différence, on peut donc estimer à environ 30 litres par jour et par habitant la consommation à usage consacrée à des usages non-domestiques (agricoles, industriels...).

Cependant la consommation n'est pas identique suivant la taille du ménage, le niveau socio-économique de la population ou encore selon la disponibilité d'une ressource alternative en eau (citerne d'eau de pluie, puits privé...).

tableau conso

De même, certaines régions en Wallonie consomment plus d'eau que la moyenne.

carte 1 conso

carte conso 2


Ainsi, la région du Hainaut, particulièrement dans sa partie occidentale indique une consommation largement inférieure à la moyenne, alors que les Provinces du Brabant wallon et du Luxembourg ainsi que l'est de la Province de Liège, ont une tendance à avoir un usage plus important.


Une consommation qui diminue

Malgré le niveau faible, la consommation d'eau diminue régulièrement depuis plusieurs années. Cette diminution est régulière et se déroule à un rythme annuel compris entre 1 et 1,5% par an.

graphique conso 1

Cette baisse est essentiellement à imputer à l'évolution technologique des appareils utilisant de l'eau. Les lave-linge, lave-vaisselle ou pommeaux de douche sont en effet de plus en plus économes. De plus, les communes tendent à généraliser l'imposition d'installer une citerne d'eau de pluie dans les nouvelles constructions, ce qui amplifie ce phénomène.

La diminution du niveau d'usage induit à la fois une plus faible pression sur les ressources en eau, mais engendre par contre une pression plus importante sur le prix de l'eau. En effet, les charges des services d'eau et d'assainissement étant essentiellement fixes, lorsque les flux d'eau vendus diminuent, le prix de revient d'un mètre cube doit mécaniquement augmenter. C'est une des raisons principales de l'augmentation actuelle du prix de l'eau en Wallonie.

PDF Consulter la brochure relative à l'évolution du prix de l'eau (PDF-454 ko)

La Wallonie manque-t-elle d'eau ?

La Wallonie est le réservoir d'eau de la Belgique. En effet, l'eau provenant des ressources en eau de notre Région sert actuellement à alimenter quasi exclusivement toute la Région bruxelloise et environ un cinquième des besoins de la Flandre.

A cela, il faut ajouter que les masses d'eau souterraines sont toutes en bon étant quantitatif, démontrant de ce fait que les prélèvements n'excèdent jamais la recharge annuelle provenant de l'infiltration des eaux de pluie vers les aquifères.

De plus, étant donné à la fois la baisse des consommations d'eau tant en Wallonie qu'à Bruxelles et en Flandre et l'amélioration de l'état du réseau de canalisations, les prélèvements totaux ont tendance à diminuer sur le long terme et cela malgré l'augmentation démographique importante sur cette même période.


conso graph 2


Les ressources alternatives en eau

L'eau de distribution publique n'est pas le seul type d'eau utilisé sur le territoire wallon. Les citernes d'eau de pluie sont très répandues, de même que les puits domestiques. L'eau en bouteille est également souvent choisie pour la boisson.

Ainsi, une enquête menée en 2009 auprès de 3.000 ménages wallons a montré que l'eau du robinet est la ressource la plus utilisée pour les usages domestiques intérieurs au logement à l'exception de l'eau de boisson où l'eau en bouteille est préférée.


conso graph 3

En ce qui concerne les usages extérieurs, les wallons ont tendance à utiliser davantage l'eau de pluie.

En ce qui concerne les puits privés, il est intéressant de noter qu'ils doivent faire l'objet d'une déclaration obligatoire à la commune pour plus d'informations. On estime cependant que 9 puits actifs sur 10 ne sont pas déclarés. Non seulement cela peut poser des problèmes au niveau de la santé publique si cette eau est utilisée notamment comme eau de boisson alors qu'elle est contaminée, mais également un problème environnemental puisque ces puits, une fois désaffectés, risquent de devenir des puits perdants pour les eaux usées, ce qui est formellement interdit par la législation.

Les citernes d'eau de pluie quant à elles sont présentes dans environ 40% des logements wallons. Il est intéressant de noter que la répartition montre clairement un gradient sud-est – nord-ouest. L'explication de cette spatialité particulière réside dans l'histoire de l'extension de la distribution publique d'eau. A l'époque où les réseaux d'eau n'étaient pas si étendus qu'aujourd'hui, une solution pratique pour disposer de quantité d'eau suffisante consistait à récolter l'eau de pluie.

conso carte 5


conso carte 6

Comment bien utiliser sa citerne d'eau de pluie ou son puits ?

Les obligations à respecter

Les obligations ne sont pas très nombreuses pour ce qui concerne les citernes d'eau de pluie. Si l'obligation d'installer une citerne dans les nouveaux logements ou lors de rénovations importantes est du ressort des communes, la Wallonie n'impose rien en la matière. Cependant, afin de préserver le réseau public d'eau potable disposé en voirie, le Code de l'eau prévoit en son article D.182 §3 que « En cas d'approvisionnement par une ressource alternative ou complémentaire à l'eau distribuée par canalisation, l'abonné assure une séparation complète, sans jonction physique, des deux circuits d'approvisionnement ». Concrètement, cela passe par la réalisation de deux circuits indépendants au sein du logement. Un simple clapet anti-retour n'est pas suffisant ! Un tel dispositif a en effet une durée de vie limitée et rares sont ceux qui pensent à le changer régulièrement. Cette disposition est par ailleurs valable pour toutes les sources d'approvisionnement en eau, qu'il s'agisse d'eau de pluie, d'eau de puits ou d'eau de source.

A cela s'ajoute l'obligation de déclarer à la commune tous les puits domestiques utilisés.

Pour quels usages ?

L'eau de pluie est une eau non potable. Bien que l'eau qui tombe du ciel soit relativement propre, elle ruisselle sur les toits avant d'être stockée dans la citerne. Aussi, est-elle la plupart du temps contaminée par de nombreux microorganismes dont certains peuvent être pathogènes.

De plus, de par son acidité et par sa douceur (c'est-à-dire son manque de calcium ou de magnésium), elle risque également d'être chargée de différents métaux qu'elle rencontre lors de son cheminement à l'intérieur du logement.

Il faut donc à tout prix l'éviter pour les usages suivants : boisson, préparation des repas et des boissons chaudes, vaisselle et hygiène corporelle.

Son usage pour la lessive est dans une moindre mesure également soumis à caution étant donné que l'eau est chauffée. Or, les microorganismes raffolent de la chaleur et se multiplient dans ces conditions.

Ce type d'eau peut par contre tout à fait être utilisée sans crainte pour les autres usages : WC, usages extérieurs et entretien du logement.

Les mêmes conseils s'appliquent pour l'eau issue de puits privés.

Consulter la brochure "L'eau de distribution et l'eau de pluie (IECBW)"

Back to top